Entreprendre pour se vautrer lamentablement


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  • Avec un monde en faillite, tout le monde veut “entreprendre”, mais le taux d’échec sera massif et provoquera une faillite encore plus grande.


    Avec un monde en faillite, tout le monde veut "entreprendre", mais le taux d'échec sera massif et provoquera une faillite encore plus grande.
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    Depuis quelques mois, le mot “” revient à la mode. On voit de jeunes pousses, se lancer dans l’entrepreneuriat pour être leur propre patron. Moi-même, j’ai reçu maints coups de fil, me demandant des conseils, estimant que je suis un vieux de la vieille dans ce secteur. Comme si “travailler en ligne” revenait à écrire des lignes, à lancer quelques sites pour que le pognon tombe comme par magie.

    Avec les dizaines de millions d’emplois perdus dans le monde, se lancer à son propre compte, dans une espèce de folie furieuse, semble être devenu le mantra de nombreuses personnes, pour ne pas devenir fou et crever de faim. Les chantres néolibéraux, dans les médias et les grosses entreprises, qui n’ont jamais entrepris, mais qui ont obtenu leur poste par un bon accouplement plutôt qu’un travail acharné, ne viendront pas les contredire.

    La vérité est la suivante. La totalité des jeunes entrepreneurs va se vautrer et retourner chez leurs parents, qui font même désormais appel à la justice pour ne plus subvenir à leurs besoins. Après tout, pourquoi passer des décennies derrière un bureau poussiéreux, à faire le larbin alors que dès ses vingt ans, on peut lancer une idée disruptive, appeler des investisseurs et participer à des conférences TedX remplies de péteux et de pétasses pour changer le monde. Ce mythe est alimenté par une industrie, dont l’arnaque est sa principale signature.

    De la même façon que Grand Coquin et Gédéon dans Pinocchio vont embobiner la marionnette pour l’île aux délices avec esclavage en SAV, les entrepreneurs se lancent et échouent, retombent dans un boulot encore plus merdique.

    Les entrepreneurs qui réussissent le plus ont une moyenne d’âge de 45 ans et les entreprises qui peuvent avoir une entreprise prospère ont 50 ans en moyenne. Car les 20 ans d’expérience, passés derrière le comptoir sont obligatoires et il est impossible de s’en passer. Aucun diplôme, aucune école, aucune formation ne peuvent les remplacer. Ce mythe du jeune est en train de détruire toute la société. Les jeunes quittent l’université et même l’école primaire pour se lancer dans l’entrepreneuriat, mais après, ces années d’études ne seront jamais rattrapées.

    Je vais sur mes 40 ans et je n’ai jamais eu de scolarité digne de ce nom, mais j’aurais tout donné pour faire des études. Même si le diplôme ne vaut plus rien, dans son aspect réel, il a de la valeur pour des entreprises à l’ancienne. Et ces connaissances sont aussi réelles. Les études, le travail ingrat et l’expérience sont une gourde remplie d’eau pour vous aider à travers le désert cyclopéen de l’âge adulte. En quittant les études et en gobant le mythe de se lancer à votre compte, vous prenez un pic à glace et vous crevez votre gourde.

    Dans ce désert sur mes 40 ans, je vois plein de nombreux squelettes, desséchés par le soleil capitaliste et cette année et les prochaines, je prédis qu’il y en aura plein d’autres qui viendront les rejoindre.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur web depuis 2009 et webmestre depuis 2011. Je suis également un blogueur dans la vulgarisation scientifique et la culture.

    Je m'intéresse à tous les sujets comme la politique, la culture, la géopolitique, l'économie ou la technologie. Toute information permettant d'éclairer mon esprit et donc, le vôtre, dans un monde obscur et à la dérive. Je suis l'auteur de deux livres "Le Basilic de Roko" et "Le Déclin".

    Pour me contacter personnellement :

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