Etes-vous chauvin ou Floyd ?


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  • Entre choisir d’être chauvin et Floyd, certains ont choisi résolument leurs camps. Mais l’Américanisme demeure et persiste.


    Entre choisir d'être chauvin et Floyd, certains ont choisi résolument leurs camps. Mais l'Américanisme demeure et persiste.
    Crédit : Wikipedia
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    En ce 10 juin 2020, de nombreuses organisations à travers le monde, manifestent contre la brutalité et le meurtre gratuit des noirs aux Etats-Unis. Une gorge écrasée, la manifestation actuelle dépasse les frontières et toutes les sociétés occidentales se mettent au diapason, dans une espèce de symphonie. Ce qui est intéressant, et non moins insultant, est que j’attends toujours des manifestations de soutien pour les pauvres qui sont devenus borgnes ou qui ont perdu une main pendant l’ère des gilets jaunes.

    Serait-ce à dire que le sort des pauvres importe moins que celui des noirs américains, dont le supplice est dû à un racisme systémique et institutionnalisé et que cela concerne surtout les Etats-Unis d’Amérique. Quelles drôles de révolutionnaires que ceux là, qui se lèvent à la vitesse de l’éclair pour la mort d’un américain, montrant l’américanisme nauséabond de leurs âmes et qui ont regardé le massacre des gilets jaunes, par les mêmes types d’uniformes en mangeant des pringles et en s’esclaffant de rire sur Twitter, devant les photos des blessés.

    Mais un mythe est tombé avec les manifestations américaines. Que la France fut pionnière devant une violence policière, légitimée et encouragée par le pouvoir. Avec une police de plus en plus militarisée, on se rend compte qu’on ne fait plus de différences entre des escadrons de la mort et ceux qui sont censés nous protéger. Plus il y a de flics autour d’eux et plus les gens ont peur. Faudrait dire aux pouvoirs en place que les sketchs de Coluche n’était pas un putain de manuel à suivre à la lettre.

    Entre choisir d'être chauvin et Floyd, certains ont choisi résolument leurs camps. Mais l'Américanisme demeure et persiste.

    Crédit : Wikipedia

    Et cela remonte bien plus haut. Dans le monde, le complexe militaro-industriel devient fou à lier. Surfinancé à l’extrême et créant des guerres inutiles, juste pour utiliser les jouets. La police américaine, depuis des années, a des contrats plus que juteux avec les principaux fabricants d’armes. Cette relation incestueuses entre la sécurité publique et le mercenariat, donne évidemment lieu à un autre sketch de Coluche. Mini-jupe et jeans moulants, mais interdiction de toucher. Des armoires entières d’armes modernes, mais interdiction d’utiliser, on ne fait que regarder.

    Ajoutez à cela la tâche ingrate et bien barbante du quotidien d’un flic et vous comprenez que la moindre situation de tension, peut dégénérer, car quelqu’un qui entre dans la police, n’est pas amoureux de la cuillette des paquerettes. Il veut de l’action et exploiter son surplus de testostérone. Mais le quotidien des policiers est de remplir des paperasses, de lécher le cul à des fonctionnaires, mal coiffés et subir les quolibets et les insultes d’une racaille, racaille qui est parfois mise là exprès.

    Et dans la société américaine, il y a l’élément de la suprématie blanche qui éclate aux quatre yeux. Des principes racistes et suprématistes qui prennent racine dans la séggrégation, et qui n’ont jamais été résolus. Comme autant de plantes vénéneuses, qui poussent dans le marécage des blancos, ces plantes deviennent des arbres gigantesques qui cachent une forêt de violence et de fascisme, glorifiant l’Amérique blanche et massacrant les minorités. Tout argument, toute discussion, toute excuse sur les policiers qui massacrent des noirs, est nul et non avenue et prouve simplement que les auteurs de ces arguments sont tellement complices que leurs genoux ont accompagné celui de Derek quand il a mis le sien sur la gorge de .

    Dans un monde idéal, on pouvait espérer que la totalité des flics subiront une purge en bonne et due forme et que la moindre brutalité policière doit être punie par quelques décennies de prison ou même la peine capitale, si la brutalité débouche sur un meurtre. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal, nous sommes dans un monde où l’Américanisme le plus abject est léché jusqu’à la dernière goutte par tous les blancos de la terre. Donc, on fera semblant de s’indigner et on retournera manger des pringles en éclatant de rire sur Twitter.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur web depuis 2009 et webmestre depuis 2011. Je suis également un blogueur dans la vulgarisation scientifique et la culture.

    Je m'intéresse à tous les sujets comme la politique, la culture, la géopolitique, l'économie ou la technologie. Toute information permettant d'éclairer mon esprit et donc, le vôtre, dans un monde obscur et à la dérive. Je suis l'auteur de deux livres "Le Basilic de Roko" et "Le Déclin".

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