Mort subite de la Gazette de la Grande Île


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    L’affaire de la Gazette de la Grande Île est assez symptomatique de l’Etat dans lequel on vit. Le pouvoir a peur de perdre et il commence à devenir très violent. Cette affaire montre que si l’Etat le veut, il peut broyer une personne en quelques heures. Tout commence avec Lola Rasoamaharo, le directeur de la GDI qui est emprisonné parce qu’il aurait tenté d’extorquer des fonds à une femme d’affaires. Cette dernière, quand on fouille un peu, est assez bien mêlée aux affaires du pouvoir depuis plusieurs années.

    L’arrestation de Lola est plutôt bien joué, car on ne peut pas accuser de “museler” la presse puisque c’est une affaire privée. Mais le lendemain, la Jirama, qui n’a sans doute pas d’autres priorités, décide de sortir une vieille affaire de 2016 concernant les impayés du journal et de l’entreprise associée. Les sommes sont colossales. Car dans la première affaire, on accuse Lola d’avoir exigé 800 millions d’ariary et les impayés de la Jirama s’élèvent à 400 millions d’ariary. Une question demeure, quand un mec lambda a une facture impayée de 10 000 ar, alors la Jirama coupe le courant et l’eau dans la semaine qui suit !

    Comment des impayés de 400 millions ont pu trainer depuis 2016 ? Mais on nous dit que c’est du vol d’électricité et qu’on ignorait ce qui se passait. Mais clairement, les deux affaires sont liés et on a voulu détruire un journal pour faire un exemple pour les autres scribouillards à plume. Tenez-vous tranquille sinon ça va chier.

    Mais qu’on se le dise, je ne vais pas pleurer sur la fermeture de Gazette de la Grande Île. Ce n’était pas un journal, mais un torchon de caniveau qui diffamait tout ce qui bougeait depuis sa création. Quand ils écrivaient, on sentait que c’était de la racaille qui avait la bave à la bouche. Le grand journalisme n’existe plus dans le pays depuis des années et donc, qu’on ne vienne pas nous dire que c’est une atteinte à la liberté de la presse.

    De plus, la GDI s’était fait un plaisir de faire son beurre et son fromage sur l’affaire de Lalatiana pour ses histoires de cul. Cette dernière n’est pas du genre à oublier et on peut penser qu’il y a bien du monde dans les hautes instances qui sont ravis de se débarrasser de ce journal. Cependant, le président Rajoelina, dans son annonce de Nouvel an, qui nous disait fièrement qu’aucun média n’a été fermé sous son règne, doit revoir sa copie.

    Le jour même de la saisie par la Jirama des biens du journal, le site web de ce dernier a été décapité. C’est la preuve que tout était préparé. Connaissant les sites web, un nom de domaine et un hébergement web ne ferme pas parce que l’entreprise a fermé. Vous avez des sites qui sont toujours dispos alors que leurs auteurs sont morts ou que l’entreprise a fait faillite.

    Cela annonce l’ambiance des mois à venir. De toutes façons, les médias malgaches sont aux ordres. Ils savent la manne juteuse que représente la manne électorale et comme toute bonne prostituée à plume, ils vont se mettre en rang pour prendre la becquée.

    Cette affaire va faire un peu de bruit, mais la poussière va retomber rapidement selon moi. Le problème est que les mecs de la Gazette s’étaient comporté comme de la racaille avec absolument tout le monde. Et quand tout le monde vous en veut, alors personne ne viendra à votre aide. Les médias pro-pouvoir se dépêchent de publier à tout va pour court-circuiter toutes les versions dissonantes.

    Mais si le pouvoir est bien derrière cette fermeture, alors c’est de l’amateurisme et assez minable. Car cela se voit comme le nez au milieu de la figure. On a des moyens beaucoup plus efficaces de fermer les gueules récalcitrantes. La première est la mort à petit feu sur plusieurs mois. Comme ça, les gens sont préparés mentalement à la fermeture. Pourquoi tout rusher en 48 heures ? Ensuite, qu’ils prennent des leçons de Xavier Niel qui disait : “Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix“.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur web depuis 2009 et webmestre depuis 2011. Je suis également un blogueur dans la vulgarisation scientifique et la culture.

    Je m'intéresse à tous les sujets comme la politique, la culture, la géopolitique, l'économie ou la technologie. Toute information permettant d'éclairer mon esprit et donc, le vôtre, dans un monde obscur et à la dérive. Je suis l'auteur de deux livres "Le Basilic de Roko" et "Le Déclin".

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