Jumanji 3 détruit le mythe de Jumanji


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  • Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l’interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.


    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    , alias Jumanji : Le prochain niveau, nous promettait du lourd. Pendant des mois, on a nous a promu un casting aussi galactique qu’hilarant et le résultat est un film de malbouffe. Et ce n’est pas une insulte. Etant un grand fan de Robin Williams et de , j’ai attendu des mois avant de voir Jumanji 2, soit disant, un Remake avec Dwayne Johnson.

    C’était un pari risqué, car Dwayne avait la lourde tâche de ne pas se mettre à dos toute la génération 80 qui avait adoré Jumanji. Cela en fait du monde. Et le pari fut réussi. En se séparant totalement du premier film, avec le concept d’avatar, mais aussi une narration différente, Jumanji 2 a pu s’envoler vers les cieux en évitant de toucher au Jumanji de Williams qui se trouve au sommet de l’Olympe.

    Un film consommable comme un hamburger

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais Jumanji 2, j’ai dû le revoir une vingtaine de fois à la suite. Après une journée de merde, je mettais le film et il y avait cet aspect divertissant qui pouvait vider un cerveau fiévreux. Et c’est là que j’ai compris. On pouvait revoir Jumanji 2 vingt fois de suite, mais ce n’était pas un compliment. Mais c’est juste qu’il est totalement lisse, sans aucune aspérité qui vous marque à vie contrairement à un Alan Parrish, dans sa trentaine, qui hurle avec des singes à coté d’une voiture.

    Le remake de Jumanji avec Johnson était un film consommable aussi lisse que possible. On le regarde pour le jeter après. Comme des hamburgers ou des pizzas qu’on ne se lasse pas de manger, jour après jour. La malbouffe cinématographique a fait de Jumanji 2, un produit consommable à l’infini. Mais encore une fois, ce n’est pas une insulte. Jumanji 2 est le seul film que je connaisse qui a retranscrit les mécanismes d’un jeu vidéo à la perfection. Les trois vies, les niveaux différents, les compétences des personnages, les quêtes, les PNJ. Autant de mécanismes parfaitement intégrés dans une narration cinématographique.

    Dwayne Johnson s’était donné à fond dans Jumanji 2 et le box office record a prouvé qu’il avait raison d’aller sur cette voie. Et arrive ensuite Jumanji 3 et c’est juste un copié-collé du second sans aucune nouveauté. Les producteurs ont tellement la pétoche de nos jours qu’ils refusent d’avoir la moindre idée originale.

    Du copié-collé pour Jumanji 3

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    Dans Jumanji 3, on retrouve les mêmes mécaniques et on nous fait miroiter que le décor va changer. Après la jungle du deuxième opus, on a le désert et la glace. Et même si le désert recèle son lot de surprises avec les autruches, cela reste des décors de fond. Dans la jungle de Jumanji de Williams, la moindre plante pouvait vous tuer. Toutefois, les scènes d’action sont un cran au dessus dans Jumanji 3.

    Et on sent que notre petit Dwayne a ramené les gimmicks et les techniques de Fast et Furious. Quand une autruche vous poursuit et percute un buggy et que le choc fait envoler un lance-roquette qui lance son projectile en retombant sur le sable, c’est du F&F tout craché. La scènes d’action sur le pont, pour illustrer le jeu vidéo de plateformes est aussi bien réussi, mais aussi très brouillon.

    On cherche DeVito et Glover, SVP !

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    L’une des grandes promesses de Jumanji 3 est de nous montrer Danny Glover et Danny DeVito. On les voit pendant 10 minutes au début et quelques minutes à la fin et ensuite, disparition. Et c’est triste à se faire enfermer dans Jumanji pendant vingt ans avec des plantes carnivores comme seul compagnon de chambrée. Comme le film utilise les avatars, c’est Dwayne Johnson et Kevin Bart qui vont jouer respectivement la personnalité imaginaire de Glover et de DeVito.

    Et déjà, l’interprétation est à chier. Car on ignore pourquoi, car le Dr Smolder Bravestone, l’avatar de Dwayne est con comme ses pieds. Et Franklin “Mouse” Finbar parle très lentement. Est-ce le fait que les deux acteurs sont vieux et qu’ils sont juste en retard dans leur époque ? On se retrouve dans une situation où Dwayne Johnson et Kevin Bart tente d’interpréter des Danny DeVito et Danny Glover dans une espèce de fantasme générationnel d’acteurs has-been.

    Et c’est l’un des gros soucis de Jumanji 3. Car les acteurs, qui auraient dû injecter du sang neuf, disparaissent et sont répétés comme des perroquets par des acteurs déjà connus. De plus, à la fin, les avatars redeviennent comme avant avec Spencer dans le corps de Bravestone et Fridge dans le corps de Finbar. Et on a cette scène hallucinante dans le film où Sheldon Oberon, l’avatar de Bethany dit aux deux vioques qu’ils sont nuls et qu’il faut qu’ils laissent leur place.

    Donc, Glover prend la place de Spencer (donc DeVito), qui était une chinoise et Glover devient un cheval. Oui, mais attention, un cheval ailé. De là à ce qu’il font un Remake des Chevaliers du Zodiaque, il n’y a qu’un sabot ! Et l’échange des avatars se fait de manière absurde en utilisant de l’eau prétendument magique.

    C’est quoi cette narration de merde, sortie d’American Pie ?

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    Le scénario de Jumanji 3 est délicieusement idiot. Bon, la trame principale est toujours la même. Un conquérant a volé une pierre magique, qui provoqué une sécheresse dans le monde de Jumanji aussi dévastatrice que dans la culotte de Brigitte Macron et nos héros doivent le sauver (le monde, pas Brigitte). Mais pourquoi au fait ? Dans Jumanji 2, les personnages détruisent la console pour éviter que cela ne se reproduise. Cependant, notre Spencer se comporte comme un ado bobo gauchiste qu’il est. Il avait récupéré la console, l’avait réparé et il est parti pour Jumanji parce qu’il en avait marre de sa vie de merde !

    Reprenons, tous les personnages vivent leur vie à fond. Bethany parcourt le monde, Fridge devient un sportif de haut niveau et Martha fait aussi des trucs de son coté. Martha étant la petite amie de Spencer. Mais notre Spencer se retrouve à New York, travaille dans une boutique quelconque et il ne lui arrive que des emmerdes, genre, la poignée de sa valise casse alors qu’il est sous la pluie. Ni une, ni de deux, le mec retourne chez lui, va dans la cave et se fait piéger dans Jumanji.

    La destruction complète du mythe de Jumanji

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    Et c’est là où le bat blesse jusqu’à fracasser le navire de Jumanji. Quand Robin Williams te parle de la jungle de Jumanji, en étant assis dans le salon avec Judy et Peter Shepperd ainsi que Sarah Whittle, tu pisses dans ton froc rien qu’en entendant la description. Jumanji est un monde où chaque chose peut te bouffer et “quand tu es dans le noir, tu les entend manger et tu espère juste que tu ne seras pas le prochain“. Ca, c’est Jumanji et non une balade aux pays des bisounours pour des ados, mal dans leur peau, putain de merde.

    C’est pour ça que Robin Williams n’avait jamais fait de Jumanji 2 alors qu’on lui avait un chèque littéralement en or (quasiment un cachet de 25 millions de dollars). Car il avait déclaré que Jumanji est fait pour rester un film unique et qu’il est difficile de le répéter. De la même façon que Last Action Hero ou Forrest Gump, ce sont des films qui avaient une place de choix dans leur époque précise.

    Et cette destruction, on l’avait déjà vu dans Jumanji 2, mais comme les mécaniques du jeu étaient nouvelles, les critiques positives l’ont emporté sur cette narration complètement à la ramasse. Mais comme il n’y a aucune nouveauté dans Jumanji 3, les faiblesses narratives et une mise en scène insipide à souhait font ressortir tous les défauts, cachés dans l’image de synthèse et les blagues à deux balles.

    Des jeux vidéos des années 1990

    Jumanji 3 montre une absence de risque abyssal et une incompréhension totale de l'interprétation de Robin Williams. On aurait espéré que ce soit le dernier.

    Un autre aspect fondamental de Jumanji 3 est que même les jeux vidéos ont une représentativité de merde. On a la plateforme, le combat, un poil de RPG et c’est l’essentiel des jeux des années 1990. Je pense que vingt ans plus tard, on a un peu plus de liberté dans les jeux vidéos qui auraient mérité leur place dans Jumanji 3.

    Par exemple, quand on fait un casting gigantesque, alors il serait bon ton de faire un truc à la Hunger Games. De la coop avec des équipes différentes qui s’affrontent et le premier qui me parle de Jumanji 4, je le descends de tout de suite. Jumanji 4 va amener le monde de Jumanji dans le monde réel… ce qu’avait fait Jumanji de Robin Williams au passage. A un moment donné, il faut qu’on dise la vérité aux scénaristes : “Votre tête est aussi creuse que BHL quand il tente de la géopolitique !

    Et pourtant, c’est un bon film pour des Pringles

    Et malgré toutes ces critiques, Jumanji 3 reste un bon film. Clairement moins bon que Jumanji 2, mais on en revient au début que c’est un film consommable. On passe un bon moment pendant 119 minutes en mangeant des cochonneries bien salées, mais ce ne sera jamais plus.

    Un film de Noel qu’on va voir avec des enfants si on en a ou seul parce qu’on a envie de se rappeler le monde de Jumanji qu’Alan Parrish nous a mis dans notre tête dans notre enfance et qu’on voulait quand même y aller, non pour échapper à une vie de merde, mais pour vivre de belles aventures dans le corps d’un adulte et dans l’esprit d’un gamin qui hurle sur des singes à coté d’une voiture.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur web depuis 2009 et webmestre depuis 2011. Je suis également un blogueur dans la vulgarisation scientifique et la culture.

    Je m'intéresse à tous les sujets comme la politique, la culture, la géopolitique, l'économie ou la technologie. Toute information permettant d'éclairer mon esprit et donc, le vôtre, dans un monde obscur et à la dérive. Je suis l'auteur de deux livres "Le Basilic de Roko" et "Le Déclin".

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