Accueil Accueil du Forum de Houssenia Writing Afrique Bénin : colère des web-activistes après une déclaration du ministre des finances sur la taxe sur l’utilisation d’internet

Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Houssen Moshinaly, il y a 1 mois et 3 semaines.

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    Houssen Moshinaly
    Admin bbPress

    Une taxe sur les réseaux sociaux peut paraitre incompréhensible. Mais face à des dirigeants qui ne comprennent rien au numérique, pour eux, c’est banal. Le fait qu’ils justifient cette taxe, pour compenser le manque à gagner via les SMS et les appels traditionnelles, montrent qu’ils n ‘ont absolument aucune idée des outils technologiques. Avec une telle mentalité, on devrait taxer les voitures pour sauver les calèches. Et il y a aussi un contrôle sur la liberté d’expression derrière cette taxe. L’Europe fait la même chose avec sa taxe Google, mais c’est sous le déguisement de la modernité et de la Novlangue. Mais c’est la même mentalité rétrograde.

    (Agence Ecofin) – « […] Vous faites des transferts d’images WhatsApp qui critiquent le gouvernement, […] Libre à vous de le faire, mais vous payez le prix.». Ces paroles prononcées, visiblement sur un ton badin, par Romuald Wadagni (photo), le ministre béninois de l’économie et des finances, lors du Bénin Investissement Forum 2018, ont déclenché un véritable tollé sur les réseaux sociaux.

    La tentative de plaisanterie du ministre, concernant la très décriée taxe sur l’utilisation d’internet au Bénin, n’a pas fait rire les web-activistes présents à l’évènement. Les messages attaquant les propos du ministre se sont multipliés sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à mettre la nouvelle taxe sur le compte d’une volonté manifeste des autorités de limiter la liberté d’expression.

    En attendant, les autorités justifient la taxe par l’impossibilité d’imposer les services over the top (OTT), comme WhatsApp, qui ont contribué à une considérable baisse de l’utilisation des services voix et SMS fournis par les opérateurs télécoms.

    Face à la diminution des taxes perçues sur la voix et les SMS, l’Etat a donc décidé de s’attaquer à Internet, principalement aux OTT, et de faire payer les utilisateurs.

    Pourtant, le problème posé par les OTT est mondial et seules des nations africaines ont décidé de taxer les utilisateurs. L’Union européenne envisage plutôt une taxe de 3% sur les chiffres d’affaires générés au sein des Etats membres de l’organisation par les géants du numérique.

    Il faut savoir qu’en Afrique, où la tendance de la taxation de l’utilisateur du web se répand de plus en plus, la limitation de l’utilisation d’Internet est souvent associée à des restrictions de liberté. Au Cameroun, l’Etat a par exemple coupé Internet dans la zone anglophone sécessionniste. En Gambie, au Tchad, l’accès à Internet a été limité, voire coupé, en période électorale. De quoi comprendre les craintes des web-activistes béninois.

    Pour finir, la décision des autorités béninoises de taxer les OTT est incompréhensible sachant que ces derniers font partie des premiers vecteurs de la pénétration d’Internet dans un pays, et que le Bénin souhaite devenir le carrefour du numérique en Afrique de l’Ouest. Une tâche presque impossible si l’accès à la toile est découragé.

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