Accueil Accueil du Forum de Houssenia Writing kULTURE Avis sur la série Hannibal, du classieux, mais trop, ça coince

Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Houssen Moshinaly, il y a 3 semaines et 2 jours.

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    Houssen Moshinaly
    Admin bbPress

    A la base, j’avais réfléchi à un long pavé sur la série Hannibal. C’est le genre de série que certains adorent et qu’ils considèrent comme un inculte pour ne comprendre la boooté de la série. Le second camp, va généralement dire que c’est de la merde, en entamant sa dernière salve de Pringles. Et quand j’ai vu Hannibal pour la première fois, je suis le beauf de Pringles.

    Mais j’ai revu de nouveau Hannibal pour voir si la première impression persistait. Et bien non, mais il faut faire un choix. Soit, on va dans de l’esthétique pure, soit on reste dans le portrait classique d’Hannibal Lecter. Le problème est que la plupart des gens connaissent le seul et le vrai Hannibal Lecter, interprété magistralement par Anthony Hopkins. Et quand on se prend la claque, dans le mauvais sens, de la série Hannibal, on se dit : Mais c’est quoi, cette bande de tarlouzes qui passent leurs temps à déblatérer comme au forum d’Athènes.

    C’est ensuite qu’il faut comprendre que la série Hannibal ne parle pas d’Hannibal, mais de la psychiatrie. Toute la série se concentre sur cette discipline. Déjà, tous les personnages principaux sont des psychiatres et chaque scène est un entretien, sans doute fantasmé, d’un thérapeute avec son patient. On voit rarement des scènes avec des dialogues à 3.

    Ce qui m’avait le plus dérangé avec Hannibal à la base est que les meurtres étaient de véritables oeuvres d’art. Si vous privilégiez esthétisme au détriment du réalisme, alors vous considérez que l’action qui a donné l’esthétisme (le meurtre) devient une bonne action. Chaque meurtre est irréaliste par nature et cela contraste avec le Hannibal de Hopkins qui s’en battait les couilles de l’esthétique. Il voulait juste manger des gens.

    Toutefois, l’ambiance feutrée tout au long d’Hannibal rappelle la psychanalyse plutôt que la psychiatrie. Cela fait belle lurette qu’un thérapeute ne va pas murmurer avec un patient dans une chambre dans la pénombre. Le fantasme psychanalyste intégré dans la psychiatrie. Et la série Hannibal le sait parfaitement, car Hannibal Lecter fait référence à la psychanalyse dans une de ses scènes comme d’une religion morte.

    Mais l’esthétisme doit être distillé à bonnes doses. Si vous en faites trop, alors cela dégouline de partout et cela devient glauquement lancinant sans aucun objectif précis. Le propos d’Hannibal est que la psychiatrie ne juge jamais et qu’elle se contente de comprendre les troubles. Le bien et le mal n’existent pas. Et c’est un énorme problème pour l’individu lambda. Car quoi qu’on le site, le meurtre et le cannibalisme sont pleinement justifié dans Hannibal.

    L’art culinaire d’Hannibal est montré dans toute sa splendeur et cet excès d’esthétisme devient obscène à force. De plus, la lenteur de la série est aussi un inconvénient. La première et la seconde saison se passent plutôt bien, mais la troisième, mon dieu, est d’une lenteur carrément poisseuse.

    La série Hannibal est un OVNI et c’est pourquoi il y a tellement de camps retranchés. Elle n’est pas mauvaise, ni bonne non plus, elle tente de proposer un arc narratif, axé sur la psychiatrie, qui ne peut pas être dans le commun des mortels, car cela reviendrait à justifier des actes hautement abominables, selon des valeurs morales d’une société civilisée.

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